Depuis le 1er avril 2026, tout terminal non dédouané risque d’être bloqué sur les réseaux camerounais. Ce que vous devez savoir, et comment vérifier si votre téléphone est en règle.
Le Cameroun a franchi un cap décisif dans la lutte contre la fraude douanière sur les équipements numériques. Depuis le 1er avril 2026, tout téléphone portable, tablette ou terminal mobile importé sans avoir été régulièrement déclaré et dédouané peut être bloqué — définitivement — sur les réseaux nationaux MTN, Orange et Camtel. Une réforme profonde, préparée depuis la loi de finances 2023, qui change radicalement les règles du marché camerounais des télécommunications.
L’hémorragie fiscale était devenue insupportable. Là où les droits de douane sur les téléphones généraient près de 2 milliards de FCFA par mois au début des années 2000, les recettes ont chuté à seulement 100 millions de FCFA en 2025 — une division par vingt. En cause : la contrebande massive, les points d’entrée informels et l’incivisme fiscal, dans un marché qui absorbe pourtant près de 4 millions de terminaux par an.
Face à cette situation, le ministère des Finances, sous la conduite de Louis Paul Motaze, a décidé de passer à la vitesse supérieure en s’appuyant sur la technologie. L’idée : faire du réseau téléphonique lui-même le gardien de la conformité douanière.
Le système repose sur le numéro IMEI — l’identifiant unique à 15 chiffres de chaque téléphone. Dès qu’un appareil tente de se connecter pour la première fois à une antenne-relais camerounaise, le réseau interroge en temps réel la base de données CAMCIS (Cameroon Customs Information System) de la Direction Générale des Douanes.
Le principe est simple : si l’IMEI figure dans le registre des appareils dédouanés, l’accès au réseau est accordé. Dans le cas contraire, l’appareil est automatiquement signalé pour restriction. Ni appels, ni SMS, ni données mobiles.
Cette réforme mobilise plusieurs institutions publiques : le ministère des Postes et Télécommunications, l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) et l’ANTIC. Les opérateurs télécoms sont désormais légalement responsables de l’application du blocage — sous peine de poursuites.
La mesure prévoit une amnistie fiscale importante qui protège la majorité des Camerounais déjà équipés.
✅Appareils amnistiés : Tout téléphone connecté au moins une fois aux réseaux MTN, Orange ou Camtel avant le 16 mars 2026 est automatiquement présumé dédouané. Il n’est pas concerné par le nouveau dispositif.
⚠️Appareils à régulariser : Les appareils neufs, non encore connectés au 16 mars 2026, ou importés après cette date sans dédouanement, doivent impérativement être déclarés via CAMCIS. Les touristes bénéficient d’un régime d’admission temporaire de 30 jours, renouvelable jusqu’à 90 jours au total.
C’est la question que se posent des milliers de Camerounais. La réponse est simple : il suffit de connaître son numéro IMEI et de le vérifier sur la plateforme officielle des douanes.
Composez*#06#sur votre téléphone. Le numéro IMEI à 15 chiffres s’affiche immédiatement à l’écran. Vous pouvez aussi le trouver dans les paramètres de l’appareil ou sous la batterie (pour les anciens modèles).
Accédez à la page de vérification IMEI de la Direction Générale des Douanes :
IMEI non reconnu → l’appareil n’est pas enregistré. Il doit être régularisé.
IMEI conforme → l’appareil est en règle et peut utiliser les réseaux sans restriction.
À l’avenir, avant tout achat de téléphone au Cameroun, il est vivement recommandé d’exiger du vendeur un certificat de dédouanement numérique délivré via la plateforme CAMCIS. Sans ce document, un appareil neuf acheté sur le marché local pourrait ne jamais accéder aux réseaux mobiles.
La vigilance s’impose également sur les marchés de seconde main, où des appareils non dédouanés circulent encore librement. Un simple contrôle IMEI avant l’achat peut éviter bien des déboires.
Avec des droits de douane estimés à environ 33 % de la valeur de l’appareil, les prix des smartphones neufs pourraient sensiblement augmenter sur le marché local. Cette réforme, si elle est pleinement appliquée, pourrait générer jusqu’à 25 milliards de FCFA par an pour les caisses de l’État — contre à peine 1,3 milliard actuellement.
Les faits clés :
À partir du 1er avril 2026, le Cameroun a profondément modifié les règles applicables à l’entrée des téléphones portables, tablettes et autres terminaux numériques sur son territoire, avec la généralisation d’un mécanisme électronique de collecte des droits et taxes de douane.
Les recettes douanières issues des téléphones ont chuté drastiquement, passant d’environ 2 milliards FCFA par mois à seulement 100 millions FCFA en 2025, en raison de la contrebande, des points d’entrée informels et de l’incivisme fiscal.
Comment ça bloque :
Comment vérifier son téléphone :
Il faut se rendre sur la page https://www.mpie.camcis.cm, cliquer sur « Vérifier un IMEI », saisir le numéro et lancer la vérification. Si l’IMEI n’est pas reconnu ou apparaît problématique, mieux vaut éviter l’achat.
Pour trouver son IMEI, il suffit de composer *#06# sur son téléphone.
L’amnistie :